Discours prononcés, lors de la Cérémonie des vœux du 8 janvier, au Chai de La Bulle Bleue:
- DE NOTRE DIRECTRICE GENERALE
Bonjour à tous, bienvenue pour ce traditionnel moment convivial pour démarrer professionnellement, ensemble, cette nouvelle année 2026.
C’est pour moi la première fois que j’ai l’honneur, et la responsabilité, d’ouvrir ce temps de de vœux en tant que Directrice générale et aux côtés de notre Présidente Elvire Grimal. Je suis heureuse de le faire ici, au Chai. Dans ce lieu qui m’est cher.
Un grand merci aux équipes des Ateliers Kennedy et de La Bulle Bleue pour leur accueil toujours parfaitement organisé.
Merci à vous tous d’être présents et de représenter les dispositifs, les centres de vacances et le siège, les administrateurs, les 500 salariés et 1200 personnes accompagnées, de l’ADPEP34.
Je tiens à saluer chaleureusement François Clerget présent avec nous aujourd’hui.
En ce temps de partage nous souhaitons, avec Elvire, avoir une pensée pour Laurence Augier, Cheffe de service de l’ESAT Ateliers Kennedy pendant presque 20 ans, qui nous a malheureusement quitté à la fin de l’année. Salariés et travailleurs, nous avions tous un lien d’attachement fort avec Laurence. Nous souhaitons lui rendre hommage et nous associer à la peine de ses collègues. Evoquer ensemble ses grandes qualités humaines et professionnelles et son profond engagement auprès des personnes accompagnées et des équipes, son implication sincère pour faire avancer les projets de l’établissement et les valeurs de l’association.
Ce fut personnellement un plaisir, et une chance, de travailler avec Laurence pendant toutes ces années.
Elle nous manque.
Nous discutions avec Elvire de la complexité à trouver le souffle, l’enthousiasme, l’élan, pour nous entrainer collectivement dans cette nouvelle année 2026 alors que nous ressentons, comme vous tous, de la perplexité face à un contexte global de crise.
Ce contexte a un impact sur nos vies professionnelles et personnelles ainsi que sur les personnes que nous accompagnons.
Nous ne chercherons pas à nier, ou nuancer, les réalités auxquelles nous sommes confrontées et avec lesquelles il nous faudra agir au cours de l’année à venir.
C’est pourtant dans ces périodes où tout tangue qu’il nous faut trouver la force pour lutter contre les passions tristes, les mauvais présages, en valorisant la multitude d’actions positives, émancipatrices, tolérantes, pour lesquelles nous sommes quotidiennement témoins et acteurs.
Notre association, nos établissements, sont des lieux de résistances et contribuent fortement à maintenir un équilibre sociétal.
Ainsi, si on se décale sensiblement d’une actualité qui nous assaille, nous trouvons de nombreuses raisons pour ne pas nous décourager et nous enthousiasmer.
C’est la mobilisation des équipes pour redonner confiance à un enfant, encourager une personne en situation de handicap dans ses projets d’autonomie, soulager les douleurs physiques et psychiques, accompagner chacun dans ses souhaits d’apprentissage.
C’est un groupe d’enfants reçus au sénat pour présenter leur projet sur la culture tsigane.
Des fermes pédagogiques où cohabitent une grande diversité d’animaux, gérées par les enfants et les adultes.
Un spectacle en tournée dans toute la France. Des résidences artistiques.
Une exposition Art Dit à la Halle Tropismes et d’art Brut à la salle Saint Ravy.
Des adolescents qui s’activent dans une action de ramassage des déchets dans le bassin de Thau.
Des innovations pour une communication augmentée et adaptée, afin de trouver les outils pour mieux se comprendre.
Un festival sourd métrage.
Des enfants d’IME, des résidents d’EHPAD, des sportifs en situation de handicap qui profitent de séjours au bord de mer.
C’est toute une institution qui réfléchit pendant une journée sur les enjeux environnementaux, et sur la laïcité.
Des groupes de réflexion pour trouver la cohérence de nos accompagnements et permettre leur transformation.
Des collaborations partenariales sur tous les territoires.
Des rencontres européennes.
La liste est longue.
Ce sont ces grains de folie, ces audaces du quotidien, qui nous entrainent vers des nouveautés indispensables.
Ces exemples sont la preuve de la justesse de nos engagements. Et cette qualité de votre travail a été soulignée dans l’ensemble des évaluations qui nous ont accaparé en fin d’année 2025.
Merci à vous tous, salariés et administrateurs, de rendre cela possible.
L’année 2026 sera marquée par le changement de direction générale tout s’inscrivant dans une continuité de projets. Ils sont nombreux en perspective.
J’espère que vous y trouverez chacun le sens de votre engagement professionnel.
Avant de passer la parole à notre Président, je vous souhaite, pour cette nouvelle année, du bonheur auprès de vos proches, du courage, de la confiance et de la curiosité dans tous vos projets.
Delphine MAUREL - Directrice Générale
- DE NOTRE PRESIDENTE :
Bonjour à toutes et tous,
Merci Delphine pour cette présentation. Ce sont nos 1ers vœux en binôme puisque tu n’as pris la succession de F. Clerget qu’il y a 6 mois.
Je pense que toutes les personnes ici présentes connaissent Delphine Maurel notre DG. Pour rappel François Clerget a fait valoir ses droits à la retraite au 1er Juillet. Sous sa houlette, notre association s’était structurée, consolidée. Etait venu le temps de développer de nouveaux projets mais en droite ligne de l’existant. Nous avons donc décidé pour lui succéder de jouer la continuité plutôt que la rupture et notre choix ne fut pas très difficile, connaissant Delphine, son expertise et son engagement.
Et nous voici donc toutes les deux pour vous accueillir en cette froide journée hivernale.
Merci d’avoir bravé le froid pour passer ensemble ce moment de convivialité du début Janvier.
C’est devenu une tradition aux PEP 34 à laquelle nous essayons de ne pas déroger, tant il me semble important deux fois par an, en juin pour l’AG institutionnelle, en janvier pour un moment de convivialité, de donner corps à ce que nous sommes, une association de bénévoles et de professionnels attachés aux valeurs que nous voulons faire vivre.
C’est ce que nous avons fait tout au long de l’année 2025.
En accord avec notre projet associatif, tous les dispositifs ont travaillé sur le développement durable et l’éco-responsabilité.
En interne, avec une ferme partagée, la valorisation des déchets alimentaires ; avec un petit film réalisé par les équipes du Grain de Sel et qui montre l’impact des différentes activités menées sur les jeunes accueillis ; en innovant avec le projet Florasigne ; avec des partenariats tels que la Ligue de Protection des Oiseaux, ou encore l’association The Lost Compass qui a joué la carte de la vulgarisation en nous faisant partager leurs recherches scientifiques dans les canaux de Sète ou en mer.
Leur intervention tout au long de cette Journée de séminaire PEP Environnement a été un apport précieux pour enrichir notre réflexion, nos connaissances grâce à leur expertise.
Ce travail au long cours sur l’environnement a été très inspirant pour les jeunes que nous accompagnons. Preuve en est, les motifs des nombreuses cartes de vœux qu’ils nous ont proposés et que vous voyez tout autour de la salle. Je tiens ici à les remercier et les féliciter. Le choix fut difficile. Et nous avons pensé qu’il serait naturel de récompenser au moins le trio de tête, soit le collectif de la villa Castellane de la MECS Les Terres Rouges, Lilou aussi de la MECS LTR et Maxime de l’ESAT.
D’autres évènements notables et festifs ont émaillé l’année 2025.
Par exemple les 60 ans de l’ESAT Les Ateliers Kennedy et les 30 ans de sa SAESAT qui ont donné lieu à 2 journées de festivités. Ce fut aussi l’occasion de remettre la médaille du travail aux travailleurs les plus anciens.
Autre évènement de l’année, le Festival Sourd métrage de la Plateforme Inclusive Cesda, avec la thématique « Culottées », thème que j’ai particulièrement apprécié puisqu’il s’agissait de rendre hommage aux femmes qui ont fait l’Histoire et pris leur destin en main.
A cette occasion, a été mise en place dans le cadre de Festival Sourd Métrage &Co, la 1ère exposition PEP Art dans la Maison de Maître de la Plateforme Inclusive Cesda. Les œuvres exposées étaient toutes réalisées par les personnes accueillies dans nos établissements. C’est la 1ère coopération artistique de tous nos dispositifs en parallèle au Festival Sourd Métrage, et dans ce beau lieu qui deviendra peut-être, en tous cas c’est ce que nous souhaitons, une résidence d’artistes.
L’art et la Culture en général qui avait été mise à l’honneur en 2024, continue à irriguer les activités de toutes nos structures.
A l’Ensoleillade, qui a participé à la 13ème édition d’« Expériences de Scène » avec 2 spectacles et au Festival « Salagou en scène » à Clermont l’Hérault.
A la MECS Les Mariniers, qui ont participé au « Km de Danse » en partenariat avec le Théâtre de Sète.
A la MECS Les Terres Rouges. Après le travail sur « Les Mémoires tsiganes » qui a raflé tous les prix, les jeunes du SAJ ont réalisé un journal photo sur le thème « Libérer et refonder la France : le débarquement de Provence, la Résistance et les Echos du Maquis, lutte et sacrifice ». Ce travail a lui aussi été largement récompensé et a permis aux auteurs d’être reçus au Sénat.
A l’atelier d’art plastique des ESAT Les Ateliers Kennedy et La Bulle Bleue. D’ailleurs, leur travail donne lieu à une exposition à l’Espace St Ravy à Montpellier qui sera inaugurée demain.
Nos dispositifs se donnent à voir. Vous pouvez sur notre site visualiser la vidéo de présentation de nos centres Le Grain de Sel à Palavas et Malibert.
Nos dispositifs s’ouvrent :
La Bulle Bleue qui a créé un centre de formation au métier d’acteur qui se veut un lieu d’enseignement, de recherche et d’expérimentation ouvert à tous, avec ou sans handicap.
la MECS Les Mariniers qui a accueilli un groupe de jeunes allemands dans le cadre de l’OFAJ en attendant le match retour à Hanovre.
Et je ne saurai oublier le très beau 2ème prix au concours GourmHand, remporté par le duo Simon/Antoine de l’équipe traiteur de la Bulle Bleue.
Les projets entre administrateurs et professionnels progressent. Début Décembre nous avons reçu nos partenaires de la coopérative catalane SUARA avec qui nous espérons pouvoir candidater au titre des projets ERASMUS.
Le 22 Janvier, aura lieu une journée de formation sur le thème de la Laïcité. J’espère vous y retrouver en nombre.
Tout ce que je viens d’énoncer témoigne du dynamisme de notre association, de tous ceux qui la font vivre. Et pourtant l’heure n’est pas franchement à l’optimisme. Les finances du pays sont exangues et il est fort probable que le monde associatif soit en 1ère ligne au menu des coupes sombres. On le voit déjà dans le domaine de la Protection de l’enfance, mais aussi dans la suppression programmée des PASS Culture et des Pass colos pour les 1ers départs.
Mais difficile de trop nous plaindre face au désordre du monde actuel qui va s’accélérant. Je ne ferai pas ici la liste de tous les conflits actuels, ce serait trop long. Mais j’imagine que vous avez tout ça en tête. Il ne se passe pas une semaine qui vienne noircir le tableau et nous faire redouter l’avenir, surtout pour les plus jeunes. Ce qui conforte l’individualisme et le repli sur soi.
En fait depuis l’époque du confinement, l’horizon s’assombrit d’année en année. Et à chaque début janvier, je me demande comment je vais pouvoir souhaiter une bonne année sans tomber dans la sinistrose.
Une personne ici présente m’a fait remarquer qu’il me faudrait au moins boire un petit coup avant ce moment de vœux, au vu du pessimisme ambiant, du désenchantement généralisé.
Mais je ne bois pas en solitaire et je ne suis pas du genre à broyer du noir en attendant qu’advienne ce qui adviendra.
Je dis souvent à mes proches que quand on se sent couler, il faut se laisser aller jusqu’au fond et là, donner un grand coup de pied pour remonter à la surface.
Et hier matin en écoutant France Inter, j’ai entendu la présentatrice parler de « La Joie ».
Et je me suis dit, c’est ça le coup de pied nécessaire, c’est de retrouver la Joie.
Je suis allée voir du côté des philosophes. Charles Pépin, philosophe très médiatique qui a commis un livre et un spectacle sur la Joie. Et Spinoza bien sûr. Pour eux, la joie, c’est le passage du négatif au positif, de la souffrance à la satisfaction.
La joie disent-ils peut survenir dans les périodes d’accablement, de tristesse, d’adversité. C’est la joie d’exister, celle qui s’accommode du tragique de l’existence, c’est un regard lucide sur le tragique, c’est l’acceptation de l’existence telle qu’elle est, de ce qui est et qu’on ne peut changer. C’est à la fois, accepter ce qui est et combattre pour changer ce qui peut l’être.
C’est la prise de conscience des petits et grands plaisirs de notre quotidien. Pouvoir savourer l’instant présent.
Alors soyons joyeux par nécessité, par choix. Soyons joyeux et combattifs.
C’est tout ce que je nous souhaite pour 2026.
Bonne année joyeuse à toutes et tous.
ELVIRE GRIMAL - PRESIDENTE DE L’ADPEP34
